24 juin 2017

L’effet haïku sur les coachés

Pourquoi je propose à mes confrères consultants et coaches d’introduire l’écriture d’haïku dans leur pratique d’accompagnement ? Quand j’ai commencé à explorer cette idée et à monter ma première formation digitale à le haïku comme outil de coaching, j’avais expérimenté avec mes clients le bienfait d’écrire des haïku. Mais j’étais loin de mesurer tous les effets de cette forme de poésie sur les accompagnateurs professionnels et par ricochet, sur leurs clients.

« Un petit haïku vaut souvent mieux qu’un grand discours », écrit Pascale Senk dans  son livre « l’effet haïku » paru aux éditions Leduc.s.

Le haïku est un art japonais : petit poème de 17 syllabes écrit pour saisir l’instant présent, il est une sorte de photographie littéraire. Il donne à voir, à sentir dans un langage simple, concis, concret. Le haïku n’est ni un proverbe, ni une maxime; il est un concentré de choses communes, montrées telles quelles, sans fioriture ni explication. Il ne fait pas de commentaires, ne raconte pas une histoire. Il partage un instant de vie.

Ecrire des haïku est un art simple, accessible à tous et surtout régénérant.

Pourquoi ? Parce qu’il nous rattache à nos sensations externes d’abord, à ce que l’on voit dans la nature mais pas seulement. Il nous ancre dans ce que l’on vit au quotidien, situation banale, apparemment banale mais pas si banales que cela si on y regarde à deux fois. C’est toute la puissance du haïku, sa magie : il transforme notre regard, change notre vision parfois terne de l’environnement, des autres, de nous-même aussi.

Par sa forme même, le haïku soigne la pensée; car aujourd’hui, nous sommes souvent abreuvé de long discours, d’informations de toute sorte. Soit nous absorbons sans discernement ces discours, soit nous nous en défendons en fermant l’oreille de notre cœur.

Arrêter la pensée.

Le haïku permet d’arrêter la pensée; pas la pensée profonde et réfléchie.

Il arrête la pensée compulsive, les ruminations internes, ces pensées qui tournent en boucle dans notre tête, sorte de tyrannie qui nous maintient dans un état d’agitation intérieure. Il stoppe nos pensées automatiques qui commentent tout, en permanence, reproduisant des schémas appris et projetant sur le présent les leçons d’hier pour interpréter le réel de manière erronée; Il soigne notre pensée quand celle-ci a fini par prendre son interprétation du réel pour la réalité même.

Car cette pensée-là peut finir par devenir toxique. Souvent, elle est disqualifiante pour nous et pour les autres. Nos pensées reviennent alors en boucle, de façon récurrente, entretenant des émotions négatives, finissant même par être toxiques pour le corps lui-même avec parfois, des conséquences désastreuses : sensation d’oppression avec son cortège de comportements de fuite dans des ersatz de plaisir; fuite en avant qui nous empêchent de ressentir, fuite qui peuvent finir par la dépendance : addiction au travail, au jeu, au shopping mais aussi, tabac, café, alcool, drogue, sucreries, tranquillisants de toute sorte sans oublier les écrans, TV, tablettes, internet…. tout autant de moyen de s’étourdir dans une vie bien remplie qui empêchent la présence à soi-même.

Dans la vie professionnelle, ces pensées toxiques peuvent arriver très vite et proliférer. Fléau de la surinformation, de la course au progrès, de la recherche de la perfection, conditions et rythmes de travail non adaptés. Nous n’en finissons jamais de penser, de ruminer les mêmes idées avec les mêmes croyances plus ou moins noires. Et ça finit par penser tout seul dans leur tête.

Comment arrêter cela dans la tête de vos coachés ?

Est-ce possible de penser à ne pas penser ? Certes non.

Par contre, il est tout à fait possible d’arrêter d’alimenter la pensée automatique en prenant soin de se recentrer sur ses sensations  pour se rebrancher sur le réel. Car est-il possible d’être pleinement présent au réel si l’on est parasité par des pensées automatiques, pris en otage par nos bavardages internes incessants;

Le haïku, travail d’épure.

Ecrire des haïku permet de rééduquer le regard pour apprendre à voir les choses comme elles sont ou plutôt comme elles apparaissent, sans commentaire, sans jugement de valeur, en en dégageant la beauté intérieure.

Ecrire un haïku, c’est quelque chose de physique : revenir à ses sensations corporelles, habiter ses émotions, se replacer dans le sentier du corps.

Les haïku ne sont pas fait pour faire joli. Que vous soyez rodé ou pas à la pleine conscience, écrire des haïku libère des pensées automatiques et apporte beaucoup de bienfaits. C’est une méditation active qui invite à voir le monde qui nous environne en ramenant à nous des trésors de conscience. Et c’est une pratique qui, comme le souligne Pascale Senk, confirme tout ce que la psychologie positive est en train de montrer aujourd’hui.

L’art du haïku nous rattache aux rythmes des saisons; il nous reconnecte au monde environnant, et ce faisant à nos rythmes intérieurs.

Devenir Haïku pratiquant

Si vous souhaitez devenir un « haïku pratiquant » pour ensuite mettre cet art au cœur de vos accompagnements, vous pouvez participer à une session de formation digitale à « le haïku comme outil de coaching ». Vous apprécierez cet atelier virtuel au croisement entre pleine conscience et analyse systémique.

 

Danielle Birken